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De l'arbitraire du signe

par l'éminent Professeur Von Schraffen

Louis Ferdinand Saussure
Il me semble à propos, avant de pénétrer dans le vif du sujet, de le situer dans le cadre de notions concernant le signe linguistique, tel que Louis Ferdinand Saussure (photo) a pu le définir dans son ouvrage intitulé : Cours de linguistique générale (1916).

Le signe est bi-face.
Il est composé de deux éléments abstraits :
- une image acoustique, le signifiant;
- un concept, le signifié.
Le signe est donc l'association d'un signifiant et d'un signifié, ces deux faces étant inséparables.

Saussure se prononce en faveur d'un arbitraire du signe.
Il s'oppose à la thèse de Rousseau pour qui les mots prononcés étaient en quelque sorte, les onomatopées du monde sensible.
Par exemple : le "i" exprimait ce qui est petit, on le retrouve dans "mini", "minuscule".
Saussure, lui, n'imagine pas de "motivation" ou de "lien de nécessité" entre les deux faces du signe. Le signifiant n'est signifiant que parce qu'il est le signifiant d'un signifié et vice-versa, mais la relation entre les deux faces est totalement arbitraire. De ce fait, le signe s'oppose au symbole qui repose, lui, sur un "rudiment de lien naturel". Par exemple, la balance de la justice.

Mais cette théorie est-elle vraiment justifiée ?

En effet, que serait une sauterelle sans ses deux l ?




Les mots ont pris une place dans l'imaginaire des écrivains et des poètes. Je me souviens d'ailleurs d'un écrivain qui expliquait, au moment où la réforme de l'orthographe risquait de sévir, qu'il ne pouvait imaginer le mot éléphant avec un f à la place du ph parce que justement les rondeurs de l'animal étaient évoquées par ces deux lettres côte à côte.

De l'eau au moulin. La démonstration qui suit va dans le sens de ces critiques.

Il s'agira de montrer un lien entre le signifiant et le signifié avec une approche, disons le clairement,...ésotérique, en appliquant le principe général du "Tout est dans le Tout."

Notre étude portera sur deux expressions dont nous montrerons l'étroite corrélation :


Trouver sa voie
et trouver sa voix.
"voie" et "voix" ont des signifiants mais aussi des signifiés très proches.
En effet, ces deux mots sont issus d'une même racine, VOI, dont la signification est ésotérique : en relation avec la vibration, le mouvement.

e et x sont des mises en contexte symboliques :

e , si on défait la boucle, on obtient :


et si on tire à l'une des extrémités, on a :
On a bien l'idée du chemin, d'une direction à découvrir dans la boucle.

x , si on applique une loupe :


La voix naît dans la gorge.

Conclusion : les choses sont bien faites. Il n'y a pas de hasard.

On peut ajouter à la démonstration le cas de la première personne de l'impératif du verbe "voir" :
Voie ! qui est en relation avec la voie (le chemin).

La perception de la voie est intimement liée à la vision intérieure. Dès que l'on est sensible à cette vision on voit sa voie.


Voilà !


1992


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