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Mohammed Merah, terroriste solitaire et icône du Mal



Les tragiques attentats de Montauban et de Toulouse amènent quelque chose de nouveau : il y aura foncièrement un avant et un après. Pour deux raisons, le caractère solitaire du tueur et le miroir qu’il donne des jeunes d’origine maghrébine.


C’est un homme seul, Mohammed Merah, qui a commis ces actes horribles. Si on avait affaire à un groupe terroriste, on analyserait son organisation, l’idéologie, la hiérarchie, le recrutement, la forme d’endoctrinement,… Dans le cas de ces attentats, pour comprendre, nous n’avons que la vie de Mohammed Merah à éplucher : son milieu familial, son enfance, son adolescence, sa scolarité, ses délits, ses mauvaises fréquentations. La source de la Terreur est le résultat d’un parcours individuel. Avant, on était face à une structure, maintenant, on a affaire à un criminel « autoradicalisé » dont on ne pourra définir que le profil.
Et c’est un profil banal qui risque insidieusement de devenir l’archétype du terroriste. Mohammed Merad c'est l'image d’un jeune hilare que l’on voit faire l’andouille en voiture. Une image qui pourrait être celle de nombreux jeunes mais qui devient aussi l’icône du Mal : un visage à mettre sur un acte d’une portée extrême.

Qui ne sera pas tenté de voir des Mohammed Merah partout, de faire un raccourci entre jeunes d’origine maghrébine et assassins potentiels ?
D’autant plus que cet acte individuel est à la portée de n’importe qui. Auparavant, on se disait : « De là à faire partie d’une organisation terroriste, il y a de la marge. » Mais maintenant, Al Quaida est un concept, une sorte de franchise : on fait un stage en Afghanistan et puis on peut se mettre à son compte, en micro-entreprise !
A Toulouse, où le port du voile intégral et de la barbe se démocratise, on ne peut pas s’empêcher de se demander  : « Fondamentaliste ou pas ? » « Devrait faire l’objet d’un suivi par la DRCI ou pas ? ». Ce terrorisme individualisé renforce la suspicion.
C’est du pain béni pour le Front National, une planche de surf électorale, car l’image du jeune déjà connotée « pénible à l’école et souvent délinquant », devient maintenant aussi celle du Mal absolu : l'horreur en bas de chez vous, celui qui vous tue dans la rue et massacre les enfants.

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